Dakota: victoire pour les militants anti-pipeline

Publié le par collectif anti-gaz de schiste des Arcs sur Argens

Les activistes environnementaux et autochtones qui s'opposent à la construction d'un oléoduc dans le Dakota du Nord ont obtenu de l'administration fédérale qu'elle en modifie le tracé.

Les semaines de manifestations dans le froid glacial du Dakota du Nord ont enfin payé. Les militants du camp de Standing Rock célèbrent depuis dimanche une grande victoire pour leur combat contre la construction du pipeline Dakota Access (DAPL). Sous la pression de l'administration Obama, l'armée américaine, propriétaire du terrain sur lequel devait être menée la dernière partie de l'oléoduc, a annoncé dimanche qu'elle ne délivrerait pas d'autorisation à l'entreprise Energy Transfer Partners pour creuser sous la rivière Missouri, au niveau du lac Oahe. 

 «Bien que nous ayons poursuivi les échanges avec les Sioux de Standing rock et l'entreprise en charge du Dakota Access, il reste du travail à accomplir, a expliqué Jo-Ellen Darcy, porte-parole du service des travaux civils de l'armée, dans un communiquéLe meilleur moyen de compléter ce travail responsablement et efficacement est d'explorer des tracés alternatifs pour la traversée du pipeline.» Elle a aussi indiqué être sur le point de lancer une étude d'impact environnemental sur la possibilité pour l'oléoduc de passer sous le Missouri. 

«Le combat n’est pas terminé»

La construction du Dakota Access Pipeline (DAPL), long de 1 885 kilomètres et censé transporter du pétrole des grandes plaines du nord des Etats-Unis à l’Illinois et passer près de la réserve sioux de Standing Rock, est le sujet de manifestations de plus de 200 tribus autochtones depuis le mois d’avril. D’un montant de 3,8 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros), ce projet, achevé à plus de 80%, aurait déjà détruit plusieurs sites sacrés sioux et risquerait de polluer l’eau dont ces derniers s’abreuvent. Ces opposants s’autoproclament donc «protecteurs de l’eau».

 «C'est une victoire pour nous, mais le combat n'est pas terminé», ont affirmé en réponse un regroupement de plusieurs organisations autochtones américaines. L'armée n'a en effet pas déclaré vouloir stopper définitivement la construction du «serpent noir». Changer son tracé mais lui permettre tout de même de traverser le Missouri représenterait d'importants risques environnementaux et sanitaires. 

De son côté, l'entreprise Energy Transfer Partners a dénoncé une «action politique» de l'administration Obama. Dans un communiqué publié dimanche, elle s'annonce être toujours «entièrement engagée à terminer ce projet vital et espère achever la construction du pipeline sans changement de tracé au niveau du lac Oahe. Rien que l'administration ait pu faire aujourd'hui ne change cela.»

Donald Trump inquiète

Malgré cette victoire, les «protecteurs de l'eau» maintiennent leur mois d'action anti-DAPL lancé le 1er décembre. Ce premier week-end, plusieurs milliers de vétérans de l’armée américaine, membres de l’organisation «Veterans for Standing Rock», ont commencé à rejoindre le camp Oceti Sakowin, pour former «un bouclier humain» et protéger les manifestants contre la répression des forces de l’ordre. Le 29 novembre, le gouverneur du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, avait publié un ordre d’évacuation immédiate à l’encontre des militants de Standing Rock dont l'accès aux terrains qu'ils occupent a été interdit au public.

La tribu sioux de Standing rock se dit «éternellement reconnaissante envers l'administration Obama pour cette décision historique» et demande à l'administration Trump, qui prendra ses quartiers à la Maison Blanche le 20 janvier prochain, de «respecter cette décision». Ces inquiétudes sont justifiées. La semaine dernière, le nouveau président élu a annoncé soutenir le pipeline DAPL, sachant qu'il a investi financièrement dans l'entreprise qui le construit….

Extraits de Libération, le 5 décembre 2016

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